Le 23 septembre 2026, Journée internationale des langues des signes, l’Université normale de Pékin (BNU) et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) ont organisé à Pékin « Un monde, un amour », une rencontre thématique et un séminaire sur l’IA et l’éducation spécialisée. Consacré aux langues des signes, au handicap et aux technologies numériques, l’événement a réuni des représentants de Chine, de la région arabe et d’Asie du Sud-Est, ainsi que des organisations internationales, universitaires, communautés de personnes handicapées et acteurs technologiques.

L’IA, les mégadonnées et la réalité virtuelle ouvrent des perspectives pour le développement numérique de l’éducation spécialisée. Le quinzième plan quinquennal chinois pour le développement et l’amélioration de l’éducation spécialisée préconise la transformation numérique, les nouvelles technologies, la coopération internationale et les ressources partagées. Démonstrations, vidéo mondiale en langues des signes, conférences et table ronde ont permis d’examiner les possibilités et difficultés en matière de communication, d’éducation inclusive, d’accessibilité numérique et de droits, pour une éducation davantage accessible et centrée sur l’humain.
Une conception inclusive pour une participation égale
Liu Peijun, directeur général du Département de gestion de l’information linguistique au ministère de l’Éducation, a présenté les travaux menés sur les politiques, la recherche et les normes relatives aux langues des signes. Les technologies modernes, dont l’IA, doivent soutenir leur professionnalisation, leur normalisation, leur numérisation et leur ouverture internationale, afin de renforcer leur contribution à l’éducation spécialisée et à la participation sociale.
Mohamed Ould Amar, directeur général de l’ALECSO, a estimé que le numérique et l’IA peuvent réduire les obstacles à condition de donner la priorité à la conception inclusive et aux besoins humains. La technologie doit servir les personnes. L’ALECSO entend coopérer avec les pays et partenaires internationaux pour des sociétés plus inclusives, une éducation équitable et des technologies centrées sur l’humain.
Shahbaz Khan, directeur et représentant du Bureau régional de l’UNESCO pour l’Asie de l’Est, a souligné que l’IA et le numérique peuvent élargir les possibilités d’éducation, de communication et de participation des personnes handicapées, mais qu’une conception insuffisamment inclusive peut créer de nouveaux obstacles. Il a appelé à intégrer les langues des signes et les communautés sourdes et malentendantes dans l’avenir numérique, avec inclusion, éthique, accessibilité et participation au développement et à la gouvernance des technologies.
Cui Ruifang, directrice générale adjointe du Département de l’éducation et de l’emploi de la Fédération chinoise des personnes handicapées, a décrit les efforts concernant les lois, politiques, recherches, normes et compétences. Elle a plaidé pour une intégration plus poussée de l’IA aux langues des signes et à l’éducation spécialisée, des services numériques renforcés et davantage de coopération internationale au service de l’apprentissage et de la vie quotidienne.
Zheng Xuan, professeure à la Faculté d’éducation de BNU, a rappelé que les langues des signes portent les langues et cultures des communautés sourdes et que le numérique peut favoriser une participation égale. La transformation ne concerne pas seulement l’innovation : elle engage le droit de chacun à être entendu, compris et accepté dans sa dignité, selon le principe « Rien sur nous sans nous ».
Chen Guangju, directeur adjoint de l’Institut de l’apprentissage intelligent de BNU, a participé et prononcé une allocution. La rencontre était animée par Wang Junyi, responsable principale de programmes au Centre des échanges et de la coopération internationale de l’Institut.

Un laboratoire commun et une coopération interrégionale
Ahmed Tlili, maître de conférences à BNU, et Chen Ying, chercheuse postdoctorale, ont présenté les origines, objectifs et activités du Laboratoire conjoint pour l’IA et l’éducation spécialisée (Chine–Région arabe). Créé par BNU et l’ALECSO, il réunit universités, organisations internationales et partenaires pour relier la Chine et la région arabe, tout en ouvrant la coopération mondiale en recherche, partage de connaissances, innovation et mise en pratique.
Selon les présentations, le laboratoire développe plusieurs initiatives d’éducation spécialisée et d’accessibilité numérique. Les démonstrations comprenaient une plateforme d’intervention ludique assistée par IA pour les enfants autistes, une plateforme d’apprentissage de langue des signes avec IA, un système portable d’interaction par parole silencieuse, des outils de création de ressources multilingues, des systèmes de rétroaction électroencéphalographique et d’entraînement de l’attention, ainsi que des interactions par détection du mouvement pour les enfants sourds et malentendants. Elles concernent la communication, le développement socioémotionnel et l’apprentissage personnalisé. Ces travaux ont également retenu l’attention dans le dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l’IA.
Le laboratoire a diffusé la vidéo mondiale « Un monde, un amour ». L’appel, lancé trois mois auparavant, a recueilli 35 contributions de 12 pays et réuni sept langues des signes : six utilisées dans la région arabe et la langue des signes chinoise. Mohamed Jemni, directeur du Département des TIC de l’ALECSO, a présenté cette vidéo comme un moyen de relier pays, cultures et communautés autour de sentiments humains partagés et de l’inclusion.
Dialogue d’experts et démonstrations pratiques
Les conférences principales ont été données par Deng Meng, directeur de l’Institut d’éducation inclusive de l’Université normale de Chine de l’Est ; Ashraf Othman, responsable de l’innovation et de la recherche en accessibilité des TIC au centre Mada du Qatar ; et Mohamed Ali Khenissi, chercheur au laboratoire LaTICE de l’Université de Tunis. Ils ont souligné que l’innovation en langues des signes et la sécurité des personnes sourdes relèvent à la fois de la technologie et des droits. Collaboration humain–machine, expertise et participation communautaire doivent soutenir l’action, la compréhension et la protection dans les situations critiques.
La table ronde a réuni neuf participants issus d’universités, d’établissements spécialisés et inclusifs, d’entreprises technologiques et de communautés de personnes handicapées. Ils ont abordé les politiques, les pratiques pédagogiques, le développement de produits, l’expérience utilisateur et les droits. Wang Yan, professeure à l’École d’éducation spécialisée de BNU, a animé la discussion.
La séance d’exposition et d’expérimentation a présenté six initiatives : un système interactif de détection corporelle pour enfants sourds et malentendants, des interfaces cerveau–ordinateur, la capture vocale par vibrations au moyen de dispositifs portables, des jeux pour enfants autistes, une plateforme de traduction braille et le projet « Microcosme de la langue des signes ». Elles couvrent des besoins liés à l’audition, à l’autisme et à l’accès visuel par l’interaction, les neurotechnologies, la parole, les jeux, le braille et les langues des signes.
La rencontre a créé une plateforme de coopération entre régions et disciplines pour faire progresser une conception numérique accessible et inclusive, en associant communautés de personnes handicapées, universités et industrie. BNU continuera de mobiliser ses compétences scientifiques et technologiques au service des politiques et pratiques d’une éducation spécialisée de qualité, inclusive et accessible.
La rencontre était coorganisée par la Chaire UNESCO sur l’IA dans l’éducation de BNU, son École d’éducation spécialisée et le Laboratoire conjoint pour l’IA et l’éducation spécialisée (Chine–Région arabe). Elle a reçu l’appui du Bureau régional de l’UNESCO pour l’Asie de l’Est, du Centre régional pour les besoins éducatifs particuliers de l’Organisation des ministres de l’éducation de l’Asie du Sud-Est (SEAMEO SEN), ainsi que du Centre national de recherche sur la langue des signes et le braille.
Lien original: https://aiedchair.bnu.edu.cn/news-sign-languages-ai-special-education-2026-fr/
